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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 09:30

Le réveil éphémère.

 

Le 5 Février dernier, environ 10 personnes ont été blessées par un homme qui s’est violemment agité.

Il n’y avait pas eu d’affaire comme ça depuis 50 ans. Nous sommes étonnés par cet accident mais pour cet homme ce n’est pas grave car ça arrivait souvent à son époque. Le suspect était le « Miraculeux ». Tout le monde sait qu’il a été dans le coma pendant 50 ans mais qu’en décembre dernier il s’est brusquement réveillé. Après son réveil, il a découvert notre monde. On l’a vu plusieurs fois à la télévision et on a pu l’écouter quelquefois à la radio. Ainsi il est devenu célèbre.

Mais depuis le début, l’autorité de la Justice l’a surveillé pour notre sécurité. Il est vrai que 50 ans auparavant notre remède contre la violence était inexistant. Il y a 30 ans, notre gouvernement a décidé la prise systématique du médicament pour contrôler nos sentiments noirs. Ainsi le taux de violence a diminué considérablement. Aujourd’hui les crimes et les injustices n’existent plus. On a gagné la Paix éternelle.

Cependant M. Louis est le seul homme sur Terre à pouvoir ressentir les sentiments sans limites. Cette semaine s’ouvre son procès. Sa violence naturelle étant un danger pour la société, le juge lui a donc demandé de prendre le médicament. Le « Miraculeux » a vivement refusé cette demande.

Après trois jours de procès, la justice a décidé d’emprisonner M. Louis à la prison « Pour la Paix » pour nous protéger. Mais, à cause de sa santé fragile, le prisonnier a été emmené à l’hôpital voisin. C’est là qu’une infirmière lui a donné le remède à son insu. On a découvert qu’elle avait mis le contenu du sachet dans le repas du prisonnier.

Après cet incident, nous avons eu la chance d’interviewer M. Louis. Il était réveillé mais nous n’avons trouvé ni énergie, ni vie dans ses yeux. Il était comme avant, comme dans le coma. Il n’a rien dit à propos de son histoire. Sans le réaliser, il a rejoint notre monde sans injustices.

 


IEMURA Masahiro

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:25

L’assassinat au musée des Beaux-Arts

 

Hier soir, un des sponsors du musée des Beaux-Arts est mort .Il s’appelle François Gibert. C'est le directeur d’une entreprise. Son corps est allongé dans une mare de sang. Le lieu du crime est dans un état horrible. L'ambiance du musée est étrange. Cette nouvelle est tout de suite rapportée par la télévision, tout le monde est surpris. Comme c’est le musée le plus réputé dans cette région, on se demande si aujourd’hui la moralité de la société n’a pas avancé mais reculé.

Le conservateur du musée, Thibeau Dupont et le gardien Pascal Laforêt sont suspects. Ils sont interpellés par les policiers. Mais, en raison du manque de preuves, le conservateur est libéré. Un des employés du musée, Pierre Martin a rencontré M .Dupont après qu’il a été libéré. Il lui a proposé d'attirer des entreprises pour sponsoriser le musée des Beaux- Arts  grâce à ce crime. Pendant leur communication, ils ont évité de parler de M. Gibert qui est la victime de cette affaire. Le conservateur consacrait beaucoup de temps à recueillir des fonds pour poursuivre les activités du musée. Après qu’ils se sont rencontrés, le conservateur chuchotait pour lui-même, il se promettait d'utiliser le reste de sa vie à se faire pardonner ses péchés.

Le pauvre gardien n’a pas de chance. Quand il est arrivé au commissariat,les policiers l'ont interrogé plusieurs fois au sujet de ce crime, mais il a insisté fortement pour dire qu’il était innocent. A la fin de l’ interrogatoire, les policiers étaient déçus de ne pas avoir obtenu ses aveux.

Depuis des jours et des nuits, cette affaire n’avançait pas, le chef du commissariat était fâché,du fait de la crainte des pressions de l’opinion publique. Le chef insistait pour qu'on achève cette affaire si on n'y parvenait pas, la prime mensuelle serait automatiquement annulée. Pour certains policiers, cela sonnait comme un coup de tonnerre. Les policiers qui s'étaient occupés d’interroger le gardien se sont mis d'accord. Pour qu’il avoue tout, ils mettent ses pied dans l’eau en les connectant avec un circuit électrique au cours de l’interrogatoire. Ils pensent qu'en sacrifiant le gardien, tout le monde pourra être sauvé.

Finalement, le gardien ne supporte pas cet interrogatoire cruel, on lui extorque des aveux par la torture. Par conséquent, il sera mis en prison.

Le commissaire achevait finalement cette mission,et tout le monde pouvait être soulagé et évidemment, les policiers pouvaient recevoir la prime.

L’histoire se termine parfaitement ?

Non, moi,je ne suis pas satisfait. Comme je suis détective, je connais toute l'histoire, de plus, je sais qui est le vrai assassin.

Un jour, j’interrogeais mon ami Pierre, afin de pouvoir définir la vérité.

Pierretu sais que l’assassin est M. Dupont, n’est-ce pas ? ’’je lui ai demandé.

Ah, qu’est-ce que tu racontes ? Le commissaire nous a affirmé que l’assassin était M.Laforêt, non ?”a -t-il-dit.

Sois honnête, je suis sur que tu sais que M.Dupont est l’assassin. Pourquoi tu l'a disculpé? Il est coupable !!!”je parlais avec colère .

Comment sais-tu que M.Dupont est l’assassin ? Et comment puis-je savoir que M.Dupont est l’assassin ? Comment peux-tu définir que je sais que M.Dupont est l’assassin ?”il posait de nombreuses questions, je ne pouvais pas les suivre.

J’hésitais et il continuait à m’interroger, “Si M.Dupont est l’assassin, est-ce que tu penses qu’il doit être accusé ?”

Bien sur, il a assassiné, c’est offenser la loi, ai-je dit. Donc, M.Gibert devait être assassiné ? » l'ai-je contredit.

S’il n’avait pas offensé la loi, il n’aurait pas autant d’argent. Tous les marchands jouent un jeu avec la loi, il était donc coupable, il avait menti à ceux qui aiment vraiment l’art. La loi ne pouvait pas le condamner, ne devait-il pas être puni ?”a-t-il dit.

Tous les assassins se défendent pour cacher la vérité. Nous n’avons pas le droit de dépouiller la vie d’autrui. Ils doivent être juger par la loi !!”j’insistais sur mon point de vue.

 

La loi ?Il méprisait ce que j’avais dit et il a répondu : la loi est seulement pour les riches mais elle n’est pas pour les hommes comme toi et moi.”

Par contre tu as le droit de faire justice toi-même ? Tu penses que tu es supérieur à la loi ? Et que ce que tu proposes est la vraie justice ?” hurlais-je.
“La justice ? Qu’est-ce que c’est ? Elle n’existe pas. Si tu peux dévoiler la vérité derrière cette histoire, tu seras juste.” Après ces mots, il est parti.

Je regardais son dos, cela me faisait réfléchir, je savais qu’il me provoquait au combat. Pour lui, Dieu l’envoie au monde pour qu’il puisse le changer. Désormais,lui et moi, on est sur différents chemins, mais la destination est toujours la même

 

Xiangyue LU

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 09:12

La plaque d’immatriculation


La sirène de la voiture de police me ramena à la réalité. Ce qu’il s’était passé pendant ces deux derniers mois était comme un cauchemar. En regardant la voiture qui s’éloignait, avec mon mari, ex-mari exactement, j’avais un sentiment mêlé, mais sauf tristesse. Complètement ridicule et lamentable, j’ai perdu le pouvoir d’être triste. Cet homme que j’ai aimé pendant 12 ans serait mis en prison, emportant la partie la plus importante de ma vie.

 

C’était ce matin-là où le soleil brillait. Mon mari avait fini sa mission. On s’est allongés sur le lit, jouissant du calme, rompu bientôt par l’appel de mon amie. Elle voulait m’inviter chez elle pour une soirée et je lui ai répondu : aujourd’hui ça va pas, mon mari est rentréune fois que mon mari entendit ma réponse, il se leva rapidement et s’habilla tout de suite. Je riais aux éclats et puis, silence de mort.

 

Je pensais souvent que pour une femme, ce qui était le plus lamentable c’est d’avoir tout connu mais que l’homme lui mente encore. Moi je n’ai pas rencontré cette situation lamentable après ce matin. Il a tout avoué, vraiment franc, puisqu’il n’avait même plus de mensonges qui paraissent raisonnables, à cause de son action ou sa réaction idiote, le plus lamentable pour un homme bien sûr.

 

Pourtant, une phrase parmi toutes ces choses quil me raconta me mit la nausée. Il me dit quil maimait encore et quil ne voulait pas le divorce. Je ne savais plus quoi dire à cet homme dégoûtant, même pas linsulter. Je lui répondais que j’avais besoin de temps pour réfléchir. Mais réfléchir à quoi? Je voulais tout simplement le divorce et je devais récolter les preuves de sa trahison pour avoir un avantage dans le procès.

 

Alors un détective était la solution optimale pour qu’il ne remarque rien. Je n'avais aucune idée si je pouvais facilement en trouver un à Shanghai, quand même c’était pas si populaire en Chine. Néanmoins, puisque la trahison dans le mariage et le divorce étaient presque banals à notre époque, les frais seraient moins élevés, je pensais.

 

Le lendemain je suis allée chez ledétective que j’ avais repéré. De manière inattendue, son bureau se situait dans le centre commercial, au contraire de ce que javais imaginé. Il semblait que cétait pas un métier aussi secret. En entrant dans son bureau jai vu le visage dun jeune homme denviron 25 ans, un bel homme typique de Shanghai, élégant et cultivé, une autre surprise. Je doutais alors du fait qu’il puisse bien surveiller mon mari avec ce visage inoubliable .Vous êtes bien madame LIU? Pour votre mari infidèle?il m’a demandé doucement. Oui. Je souhaite que vous trouviez les preuves pour moi》《Aïe, toujours la trahison, vous êtes la septième déjà. C’est vraiment pénible d’être un détective en Chine. Je veux bien être un détective professionnel, mais c’est toujours des connards infidèles auxquels j’ai affaire》 《Vous vivez de ça, le chagrin des gens?》 《Oui, à peu près. C’est pourquoi j’en ai marre. Malheureusement, j’ai pas le choix》 《Alors on parle de notre sujet. Vous me demandez combien ?》《 20 milles yuans pour les preuves et il faut que vous me donniez 2000 yuans comme caution.》《on est d'accord

 

Les jours prochains, j'ai reçu sans arrêt des photos de mon mari et de la femme. Ils sont allés ensemble au restaurant et dans des bars où on était allés souvent, lui et moi. Ah! Quel homme courageux. En effet il a acheté un nouvel appartement pour elle dans un quartier tranquille, loin de moi. Je me sentais comme si j'avais jamais connu cet homme en regardant les photos.Ça suffit déjà, je me suis dis .

 

C'était juste le jour où je voulais négocier avec mon mariavec toutes ces preuves que le détective m'a appelée soudainement. J'ai trouvé quelque chose de nouveau en surveillant votre mari, ça vous intéresse? 》《 Quoi alors? 》《votre mari ne vous a jamais parlé de ses affaires dans sa compagnie.》《Non,jamais.》 《Il fait des plaques d'immatriculation illégales.》 《Comment ça?》 《Hein vous connaissez bien les règles. Si vous voulez connaître plus de détails, donnez-moi plus d'argent

 

Je suis allée directement chez lui et lui ai posé 5000 yuans sur la table. Il m'a montré des photos choquantes. Mon mari et sa maîtresse sont complices d'un crime. Ils faisaient des plaques d'immatriculation pour les gens qui ne voulaient pas immatriculer leurs voitures pour échapper à la punition en cas d’accident. La mission de la femme était de trouver une voiture du même type que celle de leurs clients et de se souvenir du numéro d'immatriculation. Puis ils fabriquaient une plaque du même numéro et s'il y avait un accident provoqué par leur client, le propriétaire de la voiture immatriculée correctement serait puni à sa place à cause de la fausse plaque.

 

Je pouvais pas laisser faire. A ce moment-là j'ai su que cet homme que j'avais aimé pendant 12 ans n'était pas seulement infidèle, mais honteux et hypocrite. Ils pouvaient pas continuer d'abimer des gens innocents. Je sais bien que si je le dénonce au tribunal il perdra tout, et moi aussi. Pourtant j'ai pas d'autres manières de sauver ma conscience, et aussi la sienne.

 

Hier je suis allée au tribunal pour faire une demande de divorce et j'ai donné les preuves à la police

 

Voilà tout est fini, je suis qu'une femme divorcée parmi des millions. Je veux juste raconter mon histoire pour la faire connaître, pour qu’elle ne parte avec le vent.

 

YUKE Ding et ZHONGWEN Wang

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 18:41

Dans le cadre du festival Quais du polar 2012, fin mars à Lyon, des étudiants ont participé au concours de nouvelles. Il fallait écrire un texte de 6000 signes maximum sur le thème du roman noir américain et de sa célèbre figure du détective privé avec une forme libre.

Voici une des histoires écrites :

 

  affiche_quais_du_polar.jpg

Le temps d’une bougie

 

Paris. Par un jour pluvieux d’automne.

Je me sens seule dans cet appartement, perdue dans mes pensées. Les yeux rivés sur la flamme timide d´une bougie presque épuisée.

Comment ai-je pu être si naïve ? En l’espace des quelques jours ma vie a été complètement bouleversée. Ca aurait pu être un boulot comme les autres. Le client m’appelle, demande mon aide, je prends quelques photos, il paye et la routine continue. Facile. Simple. C'est la raison pour laquelle j´aimais bien mon métier.

Il suffisait de suivre cet homme. Partout. Où il allait, ce qu’il mangait, ce qu’il buvait, les gens qu’il rencontrait. Et prendre des photos qui serviront de preuves, le tout en restant discrète dans la foule. Je l’ai suivi à son travail, pendant le déjeuner avec ses collègues, et aussi durant quelques soirées entre copains. Rien de spécial ne se passait jusqu’à ce jour-là dans le parc.

C’était un joli après-midi, les derniers éclats du soleil d’octobre chatouillaient les visages des promeneurs. Je me suis baladée comme je le fais chaque week-end, observant les personnes autour de moi, soulagée du stress de la semaine. Le rire des enfants nourrissant les cygnes me faisait sourire. Situation presque parfaite. J’étais tellement capturée par ces images que je n’ai pas réalisé qu’un homme me regardait sans aucune discrétion depuis quelques minutes.

J’ai remarqué cet homme, grand, charmant et bien habillé, dont les yeux d’un marron profond illuminés par ce soleil rasant étaient sans doutes dirigés vers moi. C´était un homme extrêmement attirant. Mais c´était lui, l’homme que j’avais suivi pendant ces deux dernières semaines, le mari de ma cliente Madame Deschamps.

Madame Deschamps m’avait demandé de traquer son époux pour découvrir ce qu’il faisait lorsqu’il était hors de leur maison. Durant notre dernière conversation je lui ai précisé que je n'avais rien trouvé et d’ailleurs je l’avais rassurée en lui affirmant que son mari est fidèle. Madame Deschamps a néanmoins decidé que je devais continuer parce qu’elle était persuadée que ses soupçons étaient fondés. Une vraie obsession, j’ai pensé, mais c’était elle qui décidait et en plus qui me payait. Néanmoins, ce que m’interessait, c’était l’argent, alors je m’étais soumise à sa volonté sans poser trop de questions.

Ce jour-là dans le parc le mari de Madame Deschamps m’a approchée avec une question en ne montrant aucune hésitation. Simplement pour m’inviter à prendre un café. Il a avoué qu’il y avait quelques jours, il m’avait vu prendre des photos de lui, il voulait en savoir plus.

Tout d’abord j’ai pensé qu’il savait tout et que c’était inutile de trouver un mensonge crédible. En tout cas, en disant que j’étais une photographe et que j’avais seulement fait mon travail je n’avais pas menti, j’avais juste omis une partie de la réalité. J’avais dû être assez plausible, parce que Julien, comme il se présentait, continuait à me flatter. Et avec succès.

Peut-être c’était sa voix rocailleuse et posée ou son visage mystérieux et irrégulier qui ont fait que je l’avais trouvé de plus en plus irresistible. C’était à ce moment-là où je suis tombée amoureuse de lui après avoir accepté de dîner avec lui sous prétexte de découvrir plus d'informations pour mon enquête. C’était là où j’avais réalisé que j’avais complètement traversé toutes les frontières et que j’avais enfreint toutes les règles de mon travail. J’avais perdu mon jugement et j’étais devenue incapable de discerner le vrai du faux.

Le fleuve de mes pensées est interrompu par le téléphone qui sonne. Soudainement, je me sens mal à l´aise. Je décroche.

« Allô ? »

« Ah, c’est toi. »

« Non, je ne peux pas ce soir, j’ai plein de travail… »

« Oui, je sais, désolée, peut-être demain. »

« Moi aussi. Au revoir! »

Menteuse. Le seul travail que j’ai, c’est la pitié de moi-même. C’est ce qui arrive quand on mélange la vie privée et professionnelle. Je suis avant tout une détective privée, il faut que je commence à agir en tant que telle.

Pourquoi je n’avais pas preté plus d’attention, j’aurais dû sentir la peur dans sa voix. Madame Deschamps était terrifiée depuis notre première rencontre, j’avais pensé que c’était seulement une autre épouse hystérique obsédée par l'infidélité de son mari. Et maintenant c’est trop tard. Elle n’est plus là et c’est ma faute. On parle d’un suicide. Bizarrement, elle n’a laissé aucune lettre d’adieu. Bien sûr, c’était peut-être son but à lui de faire croire que c’était un accident.

Je me doute que la raison pour laquelle Madame Deschamps m’avait employée n´était pas pour dévoiler l´infidélité de son mari. Elle n´avait pas peur de le perdre pour une autre femme, elle avait peur pour sa vie, peur de lui.

Tous les indices sont contre lui, je le sais, même si je ne veux pas l’admettre. Je l’ai vu aller à la pharmacie pour acheter des anti-dépresseurs pour sa femme. Je sais qu’elle est morte à cause d'une surdose de barbituriques. Mais, ce qui me manque toujours c´est un mobile. Pourquoi voudrait il le faire ? Avec elle il avait tout : son confort, son indépendance, sa liberté. Et puis comment avait-il fait ? Comment l’a-t-il forcée à ingérer une quantité aussi importante ? Il l’a peut-être fait fondre dans sa boisson. Pourtant, c´est tellement difficile à croire que cet homme gentil et formidable avait pu faire une chose pareille. Aurait-il pu prendre sa vie avec ses mains ? Avec ces mêmes mains qui m´avaient caressée...

Il est possible que je me trompe et que je m’apprête à détruire la vie d´un homme innocent qui est aussi et surtout un homme que j´aime. Comment pourrais-je faire pour laisser mes sentiments derrière, sans importance ? Mais oui, je suis détective, mais je suis aussi une femme.

Il a cessé de pleuvoir. La nuit est tombée sur Paris. La bougie vient de s’éteindre. Il faut que je me décide maintenant. C’est inévitable…

 

(5855 signes, le titre compris)  

                                                                                             Veronika Misovska

 



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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 10:00

Dans le cadre du festival Quais du polar, fin mars à Lyon, des étudiants du groupe C1 ont participé au concours de nouvelles. Il fallait écrire un texte de 6000 signes maximum sur le thème "juste avant la nuit" avec une forme libre et une ambiance d'histoire policière.

Nous allons mettre ces textes en ligne au cours du mois de mai.

Voici donc le septième :

 



C’était notre deuxième semaine à Port-au-Prince et la pluie n’avait pas cessé depuis notre arrivée. À travers la fenêtre nous pouvions voir la pluie tomber en trombes. Il faisait froid et il était impossible de sortir : les rues ressemblaient à des rivières qui entouraient l’hôtel et sur lesquelles flottaient des voitures comme de petits bateaux dans une baignoire.

 

L’ambiance était lugubre et personne n’était dehors, à Port-au-Prince la nature est une Déesse et s’il pleuvait, cela signifiait qu’une chose terrible allait survenir. Ma copine et moi décidions alors de nous coucher, des éclairs allumaient la nuit et la foudre annonçait la tragédie. Avant de m’endormir, j’ouvris mon journal intime, et griffonnais les premières lignes de mon article, le vodou était un sujet qui me passionnait, c’était pour cette raison que j’avais décidé de venir ici, où le vodou était plus qu’une religion, c'était la façon de vivre de tous les habitants. J’ai relu les lignes une derninère fois et j’ai laissé mon cahier sur la table. J’étais en train d'éteindre la lumière quand je l’ai entendu parler, quelque chose perturbait ses rêves, cependant elle avait l’air d’un bébé, et en effet, c’est de cette façon que je pensais à elle : comme une enfant tranquille, innocente, capable de tout faire pour me plaire. Moi, par contre, j’étais l’opposée, tourmentée, anxieuse, pleine de regrets. Ensemble nous étions une excellente représentation du yin et du yang, où j’étais le côté noir et elle le point blanc qui ne me laissait pas me noyer dans mon enfer personnel. C’était à cause de moi que nous étions ici, c’était moi qui voulais fuir mes fantômes, et elle était venue avec moi pour me protéger de moi-même, même si je pensais que c’était elle qui était faible.

 

Je me suis levée, recouverte de sueur, et me suis tournée vers elle, mais où était-elle ? Sur son lit se trouvait une poupée qui m’a fait frissonner. Je suis sortie dans le couloir, personne n'était là, je suis descendue pour chercher quelqu’un qui pouvait m’aider, mais l´hôtel était désert. La seule personne qui se trouvait à l’accueil ne parlait pas français. J’avais oublié que c'était elle qui parlait créole, et maintenant j’étais seule, et si je me fiais à mes investigations, je n’avais pas beaucoup de temps pour la trouver avant que quelque chose de terrible ne lui arrive.

 

Je suis montée dans la chambre pour voir si elle était revenue, mais tout était vide. J’ai pris la poupée, je l'ai regardée pendant 5 secondes. Celui qui avait fait ça savait pourquoi nous étions ici et connaissait le vodou. J’ai entendu sonner et quelqu’un avait laissé un message sous la porte. J'ouvris la lettre qui disait «le Bokor a votre amie». Qui avait écrit ça ? et pourquoi un prêtre vodou l’avait kidnappée ? Ma cervelle tournait vite et je n’étais pas capable de penser, je suis allée chercher mes notes, la réponse devait être dedans. Quel type de rituel impliquait une poupée ? La réponse apparut devant mes yeux : transplantation de corps, le rituel le plus puissant de la magie noire. Quelqu’un voulait son corps et je devais la trouver avant que le Bokor vole son âme et laisse une autre personne occuper sa vie. Mais où étaient-ils ? Je pensais que ça n’était pas un hasard que nous soyons venues ici, tout avait été un piège, ils m’avaient utilisée pour accéder à elle mais, pourquoi elle et pas moi ? Questions sans réponses et pour le savoir, je devais la trouver. Je suis sortie de la chambre, le couloir était sombre et les seuls sons entendus étaient mes pas et la foudre qui retombait, je sentais que milles yeux me regardaient dans l’obscurité, et là, cachés dans les ténèbres, les fantômes m’attendaient, comme des vautours attendent que leur proie succombe; je les entendais parler, chuchotant, leur voix perçaient ma tête, ils m’avaient retrouvé et cette fois ci, ne me laisseraient pas leur échapper. Venir ici avait été une mauvaise décision, je me sentais prête à tomber, l’hôtel était immense et ils étaient partout, les ombres m’entraînaient dans l’abîme et je me laissais emporter, mais je me suis rappelé d’elle. Elle ne m’avait jamais abandonnée. Pendant un moment, je croyais les entendre. S'ils étaient en train de faire une transplantation de corps, ils avaient besoin d’un endroit isolé et proche de la lune. Le seul endroit qui remplissait ces conditions était dans le dernier étage. Les lampes clignotaient et l’eau s’infiltrait à travers les murs, finalement j’étais en face de la porte, je les écoutais, mon cœur battait si vite qu’il se mêlait au son des tambours. J’étais pétrifiée, incapable d'ouvrir la porte; cette porte était la barrière qui me séparait de mes craintes, c’était l’heure de faire face aux démons. J’ai ouvert la porte lentement et j'ai trouvé un spectacle qui semblait sortir de l’enfer. Au centre de la chambre elle était là, tandis que des dizaines de personnes lui faisaient mal. Je regardais les gens, ils semblaient hypnotisés, parmi eux j’ai reconnu quelqu’un, il venait vers moi, il m’a pris la main et m'a conduite vers l'autre table où devait se trouver l'occupant qui allait devenir mon amie mais. Quelle a été ma surprise quand je trouvais la table vide; et c’est à ce moment-là que j’ai tout compris, pourquoi nous étions venues ici, le côté noir de mon existence surgit, les démons me possédaient et je me suis souvenue de tout. C'était moi qui avais contacté le Bokor, j’avais inventé l´histoire de l’article pour la faire venir, ce côté de moi la voulait, c’étais moi qui enviais sa vie, c’était ma façon d'échapper aux fantômes, je voulais être elle, commencer une nouvelle vie, même si je devais la sacrifier.

 

Je suis montée sur la table, je l’entendais crier mais ça ne m’importait plus. Juste avant le lever du soleil, tout était prêt mais, soudain les murs se mirent à trembler et le toit s’est effondré. Avec lui mes désirs. Finalement elle était plus puissante que tout, elle s’était transformée en ange.  

                                                                  

                                                                      Dinelly

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 10:47

Dans le cadre du festival Quais du polar, fin mars à Lyon, des étudiants du groupe C1 ont participé au concours de nouvelles. Il fallait écrire un texte de 6000 signes maximum sur le thème "juste avant la nuit" avec une forme libre et une ambiance d'histoire policière.

Nous allons mettre ces textes en ligne au cours du mois de mai.

Voici donc le sixième :

 

 

Il fait beau. J’attends maintenant l’avion qui va à New york. Depuis la semaine dernière, j’ai négocié des contrats. Mais il reste encore un tas de travail à faire.

Je néglige ma femme.J'en suis vraiment désolé. J’ai envie de rester avec ma petite femme chez nous. Tout est en désordre. Même au moment de monter dans l'avion, mon portable sonne encore, on me cherche.

Je montre mon billet à une hôtesse de l’air quime sourit. Et elle me mène à ma place qui est à côté du hublot. Le soleil m'éclaire chaudement. J’attends de décoller en lisant les messages sur mon portable.

Après avoir répondu, je ferme les yeux pour dormir. A ce moment-là, un nouveau message arrive. Je reprends mon portable, je sens la fatigue qui marque mon visage. C’est une photo qu'une personne inconnue m’envoie. Je suis déconcerté, je la regarde quand même. Ma cuisine et ma femme évanouie sur le carrelage. Des parties de son corps sont bleues et elle est ruisselante de sang. Tout mon corps frémit de peur. Mes yeux se perdent dans le flou. Je m’assois raide comme une pierre jusqu’à ce qu'une hôtesse de l’air me demande d'éteindre mon portable pour le décollage. Et à l’instant où j’éteins mon portable, un message arrive encore. « As-tu bien vu la photo que je t’ai envoyé ? Ne sois pas tendu. Et... ton stylo est tombé. »

Il est en train de m’observer !

Je regarde autour de moi. A côté de moi, un vieil homme m'observe avec de grands yeux et d’autres passagers attachent leurs ceintures de sécurité. Quelques minutes plus tard, l’avion décolle. Moi, je commence à réfléchir. Ma femme est dans une situation dangereuse. Est-elle dans un hôpital et reçoit-elle l’aide de quelqu’un ? Sinon... est-elle morte ? Je ressens une grande inquiétude.

Pour attraper le mec, je dois reprendre confiance. Je ramasse mon stylo naturellement, je demande un verre d’eau à une hôtesse de l’air. Elle me l’apporte immédiatement. Je bois une lampée et je me lève pour aller aux toilettes. Je scrute le visage de chaque passager. Quand je reviens à ma place, je trouve des dossiers sur mon siège. Le vieil homme à côté de moi est déjà tombé dans un sommeil profond. Je prends ces dossiers, je commence à lire lentement.

Je me rappelle. Ce sont des dossiers que j’ai refusés un mois auparavant.

Un homme d’affaire était venu me voir. Et il m’a présenté son plan. Il voulait passer un contrat avec notre compagnie. Il était très fier de son idée. Mais, par rapport à sa confiance, le dossier était vaiment nul. J’ai donc refusé sa proposition. Il niait ce refus, il me contactait sans arrêt. Il était blessé à cause de ma réponse. Mais je l’ai méprisé. C’est lui. Il a touché à ma femme.

Je me lève, je cherche le type parmi les passagers. Tout droit. L'un après l'autre, tout droit... Il n’est pas dans l’avion. Je n’ai qu'une idée : je veux rentrer à Paris. J’ai mal à la tête. Personne ne peut m'aider. Personne.. L’avion va à New York. La nuit va tomber.

J'ai le sentiment que quelqu’un me regarde.

 

 

                                                                                             In, coréenne

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 08:10

Dans le cadre du festival Quais du polar, fin mars à Lyon, des étudiants du groupe C1 ont participé au concours de nouvelles. Il fallait écrire un texte de 6000 signes maximum sur le thème "juste avant la nuit" avec une forme libre et une ambiance d'histoire policière.

Nous allons mettre ces textes en ligne au cours du mois de mai.

Voici donc le cinquième :

 

 

 

 

 

 

La chevelure toujours semblable à celle de son adolescence, il regarde son reflet dans le miroir de son vestiaire où l´air est déjà étouffant. Par le brouillard de sa dernière cigarette, il voit ses cheveux un peu plus longs pour qu´ils cachent ses oreilles décollées. Jusqu´à aujourd´hui ses yeux bleus attirent l´attention de toutes les femmes. D´abord grâce à sa beauté, mais aussi parce qu´il avait joué les rôles assez difficiles, il était aimé par les filles et en plus par les professeurs.

 

Maintenant, 14 ans plus tard, à l´âge de 30 ans, toujours passionné par le théâtre qui commence à prendre une grande influence dans sa vie, il a tous ce qu´un homme désire: Un travail de cadre supérieur dans une banque, une jolie femme de 27 ans et un fils de 3 ans. Tous ensemble, ils n´habitent pas très loin de l´amphithéâtre de la Cité internationale à Lyon.

 

Ce qui s´est passé?

 

Un drame.

 

Vous le connaissez trop bien. Il s´agit de la pièce la plus connue de Shakespeare. L´histoire d´amour de Romeo et Juliette.

 

Le début de ce drame s´est passé le 24 juin 2010, juste avant les vacances scolaires. Pendant une soirée, l´audition pour le casting de Juliette a commencé à 21 heures. Du fait qu´il était en même temps le meilleur acteur du groupe, le directeur du théâtre et le régisseur de la pièce, c´était sûr que ce serait lui qui jouerait le protagoniste, Roméo. Comme il passait une journée pleine de stress à cause de son boulot, il n´était pas très à l´aise ni très attentif. La chaleur qui régnait depuis une semaine n´a pas facilité les circonstances. Probablement, cela était la raison pour laquelle il a fait un mauvais choix en déclarant que Marie, une fille de 23 ans, recevrait le personnage de Juliette. Elle était très talentueuse et pleine de joie. Sa voix était tellement douce et elle avait un sourire d´un ange. Il la trouvait magnifique. Son charme le ravissait et il l´aima dès l´instant où elle se présenta en portant sa robe pailletée avec des petites fleurs qui soulignaient son visage mince. Sa couleur allait bien avec ses cheveux blonds et bouclés qui étaient merveilleux pour le physique correspondant à celle de la fille qui tombe amoureuse de Romeo.

 

Ils avaient quatre mois jusqu´à la première. Quatre mois pendant lesquels il y avait cette certaine ambiance entre Marie et lui. Quatre mois pendant lesquels il s´est effectivement concentré seulement sur le théâtre et sur son interprétation, en sorte qu´il a délaissé sa vie privée.

 

 

 

<<Pour moi, tout semble clair. Certainement, elle s´est suicidée. >>

 

<<Évidemment, monsieur, mais en êtes-vous sûr? Je ne trouve pas que ce soit une preuve suffisante pour qu´on puisse le pointer facilement comme ça. Ne pensez-vous pas qu´une autopsie serait la meil-leure solution pour qu´on sache la cause? >>

 

<<Taisez-vous, c´est moi le commissaire. Tous les acteurs ont déjà témoigné. Pourtant, aucun succès. En outre, la mère a expliqué que la victime a souffert des dépressions pendant sa jeunesse. Donc, je pense que dans un cas comme celui-ci on peut le laisser comme ça. On a trouvé la boite vidée dans son sac. Et parmi le groupe, Marie était la seule qui avait une clé pour son vestiaire. >>

 

<<D´accord. Mais je trouve que c´est bizarre qu´elle ait pris tous les médicaments avant que la pièce ait commencé, mais cela a duré 2 heures jusqu´à qu´elle meure. >>

 

Aujourd´hui la représentation vient de ce terminer. Il est là, devant le théâtre. La mélodie triste du piano et les dernières paroles de Marie du drame fusent encore dans sa tête:

 

<<Roméo, Roméo

 

La vie, sans toi n'est qu'un mot

 

Roméo, je t'aime trop

 

Pour que ce soir le jour se couche

 

Sans le goût de toi sur ma bouche

 

Roméo, Roméo

 

J'arrive, attends-moi là-haut

 

Roméo, je t'aime trop

 

Pour que demain le jour se lève

 

Sans le goût de toi sur mes lèvres>>

 

En voulant que la pièce soit impeccable et de haute volée, il est devenu fou. Comment pouvait-il mener une double vie pendant les répétitions? Être amoureux d´une fille seulement pour améliorer le résultat? Il a aimé deux femmes en même temps. Le théâtre l´a transformé en trompeur. Comment pouvait-il accepté qu´elle prenne le poison de Romeo? Pourquoi n´a-t-elle pas remarqué qu´il a changé les verres pendant la pause avant la scène finale? Il regrette. Elle était trop jeune.

 

Pensant avoir pris la bonne décision, il descend les escaliers du théâtre. Il sait exactement qu´il n´arrivera jamais à continuer sa vie comme avant. Il ne oubliera jamais ce qui s´est passé, ce qu´il a fait. Pour la dernière fois il prendra le chemin du parc de la Tête d´Or pour rentrer chez lui. Ce soir, il se sent différent, même un peu soulagé. Les derniers rayons du soleil caressent son visage. Comme il fait beau et chaud, il n´a pas besoin de sa veste. Il la met sur son épaule droite et commence lentement à marcher afin de passer encore un petit moment avec son fils à la maison avant qu´il s´endorme.

 

En marchant, il remarque que l´asphalte sous ses pieds est un peu fondue par la chaleur. Fondue comme sa vie. Avant la pièce tout était parfait… Peut-être trop parfait ?

 

 

Lyon Plus, le 30 octobre 2010 :

 

L´intrigue d´une femme

 

Une pharmacienne de 27 ans a essayé d´empoisonner son époux parce qu´elle était jalouse. Mais au lieu de son mari, une jeune fille de 23 ans est morte. Pendant la première de la pièce <<Romeo et Juliette>> le poison du protagoniste était vrai. Accidentellement, l´homme a changé les verres pendant la pause parce qu´il ne savait plus lequel était à lui. Hier matin, il a contacté la police pour déposer plainte car il a trouvé le poison caché dans un placard. Sa femme a avoué le crime et la police l´a appréhendée l´après-midi même. >>

 

                                                                             Mélanie, allemande

 

 



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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 08:06

Dans le cadre du festival Quais du polar, fin mars à Lyon, des étudiants du groupe C1 ont participé au concours de nouvelles. Il fallait écrire un texte de 6000 signes maximum sur le thème "juste avant la nuit" avec une forme libre et une ambiance d'histoire policière.

Nous allons mettre ces textes en ligne au cours du mois de mai.

Voici donc le quatrième :

 

 

 

Assassinat d'un ouvrier

 

 

 

Plein hiver. Et il pleut souvent à Lyon pendant l’hiver. Guichard habite dans un petit appartement en banlieue. Pour rentrer chez lui, cette allée est inévitable. En fait, c’est une petite rue sans lampadaire et tout au bout, il y a 2 poubelles, où on peut trouver des chats errants fouillant la nourriture. Mais ces derniers jours, on peut entendre régulièrement le fracas de pierres heurtant le mur.

 

 

 

05H32, le 25 décembre

 

Le corps de Guichard a été trouvé par un éboueur, les policiers sont sur la scène du crime. Ils interrogent l’entourage de Guichard.

 

 

 

Travaillant sur un chantier situé dans le centre ville, Guichard a une vie difficile. Normalement, il lui faudrait mettre de l’argent de côté pour son avenir, mais bien au contraire, il est acrro à des jeux de hasard qui le mettent souvent sur la paille.

 

 

 

23H18, le 24 décembre

 

Il pleut par intermittence depuis plusieurs jours et il fait toujours froid. Les arbres sont tous nus, le ciel reste tout le temps gris. Tout le monde s’habille de la même façon : une grande écharpe autour du cou, un épais manteau qui leur tient chaud, de hautes bottes jusqu’aux genoux. Guichard, lui aussi.

 

 

 

07H58, le 25 décembre

 

Michelle (une voisine, deuxième étage, porte droite) : Guichard aime bien fumer, il fume souvent. Hier soir, je l’ai vu fumer dans cette allée.

 

Florence et Jacques (des voisins, troisième étage, porte gauche) : on entendait souvent des bruits, mais on ne savait pas ce que c'était.

 

Émilie (une collègue de travail) : Guichard avait besoin d’argent, et un collègue, Damien, lui a prêté 3 000 euros.

 

Daniel (le concierge de leur immeuble) : Un homme suivait parfois Guichard et quelquefois il le frappait.

 

 

 

24 décembre, la veille de Noël. Tout le monde réveillonne avec sa famille. Il n’y a personne dans la rue, a fortiori dans cette petite allée.

 

 

 

07H26, le 25 décembre

 

Près d’une poubelle, les policiers trouvent un SDF qui est resté là toute la nuit.

 

Pendant la nuit, Guichard est passé dans cette allée et a décroché son téléphone.

 

« Mais arrête de me téléphoner, je sais, je vais m’occuper de ma dette, t’inquiète ! Quoi ? Dans 2 jours ? C’est pas possible !... Non, non, non, ok ? Ne m’envoie pas de gorilles. Je te promets, je vais te rembourser dans une semaine ! »

 

Il raccroche, il ne sait pas que son collègue Damien est déjà dans le coin. Damien est en haut d’un immeuble et s'est installé dans un couloir qui fait face à cette allée.

 

Guichard ne sait pas qu’il va donner sa vie à cause d’une cigarette ! Il en a pris une dans sa poche, puis il a frotté une allumette. Il longe cette allée en fumant...

 

De l’autre côté, Damien est prêt, il attend le bon moment pour lancer la pierre... Damien exhibe un sourire narquois. Au même moment, le cri de Guichard traverse l'allée, suivi par un fracas familier...

 

 

 

 

 

13H25, le 25 décembre

 

Au commissariat de police après une bonne matinée d'enquête

 

« Guichard a été tué pour de l’argent, et son collègue Damien est notre principal suspect. C'est lui qui a prêté l’argent à Guichard et Guichard n’a pas pu le rembourser alors il l'a tué ! En fait, le fracas que ses voisins entendaient prouve qu’il s’était déjà entraîné plusieurs fois avant de tuer Guichard » 

 

« Mais comment, je veux dire, de quelle manière peut-il assassiner Guichard, il n’y a pas de relation entre le fracas et le crime !» 

 

« C’est la cigarette, Guichard, il fume tout le temps, et Damien connaît ses habitudes par cœur, il en a tiré parti pour le tuer. Il avait déjà essayé de lancer une pierre contre la même partie de ce mur . Et hier soir, quand il a vu la flamme de la cigarette se déplacer jusqu’à cette partie du mur, il a projeté la pierre attachée à un fils assez long. Ainsi, il pensait faire planer le mystère sur son crime. »

 

 

 

15H00, le 25 décembre

 

Chez Damien

 

Il est menotté et emmené par des policiers en ce jour de Noël.

 

Triste...

 

                                                          Shengyu, chinoise

 

 

 

 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 07:55

Dans le cadre du festival Quais du polar, fin mars à Lyon, des étudiants du groupe C1 ont participé au concours de nouvelles. Il fallait écrire un texte de 6000 signes maximum sur le thème "juste avant la nuit" avec une forme libre et une ambiance d'histoire policière.

Nous allons mettre ces textes en ligne au cours du mois de mai.

Voici donc le troisième :

 

 

LA CANICULE

 

 

Juste avant la nuit.  Le soleil frappe toujours contre la fenêtre, contre mon visage, tandis que j’essaie de siester dans ma chaise préférée. Bientôt il va couler sous l'horizon, mais ça ne fait rien, le méchant four sera allumé avant que l’air rafraîchisse.  Je me détourne des rayons et tombe dans un sommeil agité. 

Bruits de pas traînants.  Elle arpente le plancher encore, même dans cette chaleur.  Toujours le même chemin, aller et retour, en face du téléphone.  Parfois il sonne et elle crie de surprise.  Son va-et-vient, ça me met mal à l'aise.  Ça me fait tic.  Mon pouls s'accélère. 

Il va bientôt arriver.  

C’est juste un instant, une ombre bloque les rayons du soleil de la fenêtre.  Elle et moi, tous les deux, on se fige en même temps.  Un cliquetis sur le bouton de la porte.  La porte s'ouvre.  Il entre.  On ne peut pas le voir, il est dans le hall, mais on sait ce qu’il fait.  Il ferme la porte, serrure et verrou.  Il enlève ses chaussures, les met dans le placard.  Il défait son étui à pistolet, l’enferme dans le tiroir de la table à côté de la porte.  Il fait cinq pas, lents et calculés.  Il entre dans le salon.      

Elle le voit et, comme frappée par un choc électrique, elle se réveille.  Elle passe rapidement dans la cuisine,  elle ne dit rien.  Moi, je suis collé sur place, paralysé.   Il avance la chaise, son visage vide, mais les yeux brûlants.   Sa haute silhouette me domine puis il me tire par l’oreille. « Evite ma chaise, p’tit bâtard, » il grogne et me jette sur le plancher.  Je glisse et m’écrase contre le mur à côté.  Je cours et me cache sous la table dans la salle à manger.  Accroupi ici je peux voir les deux.  À gauche, elle est flottante autour de la table de la cuisine, comme un fantôme, se murmurant à elle-même des choses inaudibles.  À droite, il s’est affalé dans la chaise et regarde la télé.  Les voix des deux étrangers brisent le silence, leurs tons sont trop gais et résonnent dans l’air chaud épais à piquer les oreilles.  

« …Ouais, vachement bizarre, le temps cet été à Seattle!  Aujourd’hui la température a atteint 37 degrés Celsius.  Waouh!    

L’autre voix, féminine,  ‘Mais, demain sera encore plus chaud, la prévision est de 40 degrés.  Je vous suggère de mettre la famille à la piscine demain!’ 

'Haha!  Bonne idée, Sarah!  Ben, tu sais, ce n’est pas juste le temps qui est bizarre.  Beaucoup de gens sont mécontents dans la ville cette semaine.  Hier il y avait une vieille femme en face du supermarché,  voici on montre le clip pour vous, elle était en train de prendre le dernier panier et un mec il l’a volé.  Donc, la femme n’était pas contente, elle l'a battu avec son sac à main. 

La voix féminine rigole. 

Aujourd’hui le malaise continu, mais plus grave, dans le quartier de l’université.  Deux hommes, des membres de gangs rivaux, se sont battus.  L’un a pris son couteau à cran d'arrêt et a tuél'autre en plein jour dans la rue…. » 

«Bof, putain d’loubards, » il crache à la télé.        

« HA! »  Une exclamation. 

Je tourne la tête.  C’était lui dans la cuisine.  Maintenant, elle se fige encore.  Les voix des étrangers s’arrêtent.  Je tourne mon regard vers la chaise.  Il s’est levé lentement.  « Qu’est-ce que c'était? » il demande.  C’est la première fois qu’il reconnaît sa présence.  Sa voix est calme, mais le silence qui suit est tendu.  Il tourne son corps dans la direction de la cuisine.  Il répète, «t’as dit quoi? »  Un peu plus fort cette fois.  Dans la cuisine, elle regarde fixement le mur en face de lui, son dos à moi.  Elle reste silencieuse.  Il avance de quelques pas, lents et calculés, jusqu'à l'entrée de la cuisine.  Il s’arrête là.  Il bloque ma vue sur elle.  Il la regarde fixement, en attente.  Je tremble.  Je veux la protéger mais j’ai peur.  Peur de lui, de la menace qui est toujours frémissante juste sous sa peau, la fureur.  Je recule encore sous la table.  

«Tu rigoles?  C’est amusant, la menace des loubards? » 

Silence. 

«Amusant mon boulot, peut-être?  D’attraper les méchants garçons, de protéger les ignorants et les gens ingrats comme toi?  Eh?»  Son ton est insistant et accusateur. 

Silence. 

BAM!  Il frappe le mur avec son poing.  «Regarde-moi quand je te parle!»  

Il avance vers elle, prend son bras et la retourne.  Ils sont face à face maintenant, je vois seulement le dos carré de l’homme.  Je ne peux pas voir son visage, mais je sais qu’il est toujours vide.  Il ne révèle jamais ses émotions sur son visage.  C’est juste ses yeux, les portails de l’enfer.    

«T’as rien à dire?»  Il la pousse contre le comptoir.  

Il commence, la tempête.  Je quitte ma place et cours dans la chambre vers au bout du couloir.  Dans la chambre je pousse la porte du placard ouvert avec le pied et me cache dans l’obscurité, la sécurité.  Ici, le bruit du tonnerre et la foudre sont étouffés, éloignés.  Fracas de casseroles contre la tuile, contre la tête?  Choc du corps contre le mur.  Cri de douleur.  Fracas, choc, cri.  Grognement d’effort.  Il lui demande quelque chose, mais je ne peux pas comprends.  Elle pleure. Mon cœur pleure.  Puis c’est calme.  C’est fini?  Je rampe lentement vers la porte et, BOUM!  Tonnerre plus fort que je n’ai jamais entendu, il fait trembler la maison.  Je recule dans le coin obscur, le bruit résonne dans mes oreilles.  J’attends.  

Une éternité.  L’air est dense et vicié.  J’entends seulement les battements de mon cœur.  La maison est encore dans le silence. C’est sûr. 

Je marche doucement dans le couloir, quand j'arrive à l'entrée du salon, je le vois.  Il s’est affalé dans la chaise et regarde la télé encore.  Le volume est faible, il regarde fixement l’écran. Je continue vers la cuisine avec prudence, les yeux fixés sur lui.  Quand j’entre dans la cuisine je la vois.  Elle est à plat ventre sur le plancher.  Je marche vers elle, je pousse doucement mon nez contre son visage, lèche ses joues humides.  Je m'étends à côté d'elle et repose ma tête sur son bras.  

J’attends qu’elle se réveille.

                                                                     Nicole, américaine



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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 11:20

Dans le cadre du festival Quais du polar, fin mars à Lyon, des étudiants du groupe C1 ont participé au concours de nouvelles. Il fallait écrire un texte de 6000 signes maximum sur le thème "juste avant la nuit" avec une forme libre et une ambiance d'histoire policière.

Nous allons mettre ces textes en ligne au cours du mois de mai.

Voici donc le deuxième :

 

 

 

Couverts par la tempête

 

 

Les éclats d’éclair déchiraient le ciel obscurci par le soir frais. D’un coup, on vit des arbres penchés par l’orage du siècle. Le tonnerre faisait hurler tous les chiens du quartier et augmenter le volume des télévisions françaises. L’aria de tonnerre rendait muet les sirènes de l’ambulance et les clignotants de la police étaient quasiment invisibles dans la lumière pâle des lanternes.

 

Personne dans voisinage ne savait ce qui s’était passé juste à côté de chez eux. Personne, sauf les deux qui étaient en train de s’enfuir.

 

***

 

«Alain, va dormir!» dit Janna, épuisée par une journée d’une mère célibataire. Elle, venue en France pour changer sa vie sans but, s’est retrouvée fille au pair. En fait, ce métier ne lui convenait pas puisque ses origines slaves la rendaient irritable, facilement fâchée et parfois même violente. Alain, garçon de huit ans, ignorait ces mots en jouant sur ses apparences mignonnes pour reporter un peu l’heure d’aller au lit. Le garçon était une énigme pour tout le monde. Son caractère était ambigu. Gentil et souriant jusqu’au moment où on ne le caressait plus dans le sens du poil. D’un coup, il pouvait devenir fou et sans frein, nourri par l’entêtement.

 

«Va dormir, je te dis!» répéta la fille au pair. Cette fois-ci, son ton n’était pas si strict car des sons bizarres venaient du couloir. La tempête qui faisait frissonner la lumière dans le salon, les bruits du tonnerre dans le couloir avaient créé une ambiance fantomatique. Janna voulait s’approcher de la porte de l’appartement pour voir l’origine du bruit mais son corps était bloqué. Cimenté par l’effroi. Cela lui faisait penser à son enfance quand elle regardait « Les fichiers X » et après, impossible de se déplacer toute seule dans l’appartement sans allumer toutes les lumières. Mais maintenant, ils étaient seuls à la maison et les bruits continus mais modérés à coté de leur porte ne la laissaient pas tranquille. Une bonne inspiration, et c’est parti. Par l’œil de bœuf de la porte Janna vit deux inconnus tâtonnant à la serrure de la porte, éclaircis que par la lumière d’une lampe de poche. Cambrioleurs! La première idée dans sa tête était de ramper dans le coin le plus profond et ignorer ce qui était en train de se passer mais elle ne pouvait pas. Il fallait appeler la police. Merde! Janna marcha à tâtons pour atteindre le téléphone. C’était quoi le numéro du commissariat? Comme elle n’avait jamais eu besoin de le savoir, elle ne l’avait jamais retenu. Heureusement, la mairie de la ville envoyait toujours des prospectus avec des numéros les plus importants. Mains tremblantes, Janna appuya sur le 17.

 

«Allô, la police? Y’ades criminels au 72 rue de Charlemagne! Troisième étage. Je crois qu’ils…» Ligne interrompue. Un autre tambour de tonnerre. Apparemment, c’est la foudre qui avait abîmé les câbles téléphoniques. Janna n’aura plus aucun remord à ne pas venir en aide à ses voisins qu’elle ne connaissait même pas. Le silence dans la salle de bain insinuait que le garçon avait complètement ignoré ce qu’elle lui avait dit. Ça la rendait nerveuse. Elle sentait que ses poings se serraient.

 

«Alaaain!» cria Janna. C’est bizarre comme les cambrioleurs l’avaient influencé. Elle sentait l’adrénaline. La force. La colère. Cela la poussait vers la chambre du garçon. Tout à coup, un bruit éclata dans sa chambre. En entrant dans la salle, Janna vit des morceaux de verre jetés partout. Alain avait cassé la lampe de chevet et dans ses yeux, on ne pouvait voir que l’amusement. Le sang de la fille au pair commençait à bouillir.

 

«Mais qu’est-ce qui t’arrive? Tu devais être déjà dans ton lit! Et maintenant tu casses la lampe. Ramasse!» Janna ne pouvait pas s’empêcher d’augmenter sa voix.

 

«Non,» répondit Alain en croisant les bras sur la poitrine.

 

«Comment – non? Tu l’as cassé, tu ramasses!» Le ton têtu du garçon fâcha la jeune femme.

 

«Non!» Il aimait tester la patience de Janna. Et comme il savait que son père n’était pas à la maison, il n’aura pas de punition pour son comportement. Les joues de Janna brûlaient. Les poils se dressèrent sur son cou. Elle serait les poings avec tant de force que ses mains commencèrent à trembler.

 

«non, Non, NON!» singea gamin.

 

D’un coup, une gifle éclata sur la joue d’Alain, tout comme l’éclair scinda le ciel derrière la fenêtre. Son visage devint rouge et une ombre croisa son regard. Comme un chien qui allait attaquer un ennemi, il râla et poussa Janna. Ne pouvant pas garder l’équilibre elle tomba en arrière, directement sur la lampe cassée. La lampe dentelée s’enfonça dans le poumon gauche de Janna.

 

Fatal.

 

Le garçon, paralysé par le choc, regardait le sang qui se répandait sur le parquet châtain. Il ne remarquait pas qu’il avait tapé sur un tesson. À ce moment-là, une sonnette ranima le moment mortel. Le père rentra. Voyant le cadavre, des milliers de pensées traversèrent sa tête.

 

Est-ce vraiment son fils qui a commis un crime ?

 

Qui est responsable si un mineur tue quelqu’un ?

 

Que va-t-il se passer avec son entreprise ?

 

Qu’est-ce qui lui arrive? Pourquoi lui?

 

Il a peur.

 

Soudain il entendit les sirènes de la police. Sans vraiment décider de la suite, il attrapa la main d’Alain et le traîna vers la porte. Personne n’était dans le couloir. Ils s’échappèrent par l’escalier qui menait directement dans le garage.

 

***

 

Trois policiers entrèrent dans le couloir du troisième étage. Tout paressait calme. La jeune femme qui avait téléphoné au commissariat n’avait pas indiqué l’appartement où étaient les cambrioleurs. Mais il y avait une porte laissée un peu ouverte. La lumière du salon frissonnait encore car l’orage n’avait pas cessé. Ils vérifièrent les pièces. L’ambiance était glauque. Ils sentirent l’odeur du sang. Finalement, l’un d’eux gagna la chasse au trésor– il trouva la jeune femme morte. Bizarre…est-ce la même qui avait appelé la police? Qui l’avait tué? La trace sanglante d’un petit pied donna une idée. Une idée incroyable.

 

 

                                                                                 Ginta Kalnina, lettone

 

 

                                                                                

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