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C'est le début de l'hiver. Il fait déjà très froid. Les arbres n'ont pas une seule feuille, par contre le quai en est plein. La nuit tombe et dans la rue on n'entend que le bruit du vent et le bruit des pas sur les feuilles.

 

Amaranta marche encore, le vent est devenu plus fort, les feuilles vont dans la même direction qu'elle. La destination semble n'arriver jamais. Par contre, un peu du brouillard arrive, il fait un couple parfait avec le vent de cette fin de jour.

 

Une voix s'entend à la fin de la rue. Amaranta ne comprend pas, seulement un petit murmure parvient à son oreille. Elle marche maintenant plus vite afin de trouver l'origine de la voix. Cependant, le brouillard augmente dans la rue.

 

La nuit commence à s'obscurcir, car la pleine lune disparaît seconde après seconde. Elle marche encore, son corps devient chaque fois plus lourd, comme si l'asphalte du quai se collait à ses chaussures.

 

Amaranta ne s'arrête pas. Il ne fait plus froid mais le brouillard s’épaissit, la voix est chaque fois plus forte. Elle peut, maintenant, comprendre que la voix l'appelle. C'est clair, c'est un homme qui prononce son prénom A-M-A-R-A-N-T-A.

 

Tout de suite, cette voix lui semble très proche. Mais, où l'avait-elle entendue avant? Pourquoi cette voix lui rappelait son enfance? En quelques instants, elle voyage dans le passé. Elle marche et en même temps elle devient une fille de 10 ans.

 

Ce jour-là! Sa petite robe rose préférée, un bonnet gris qui couvrait ses oreilles et ses chaussures noires abimées;  Amaranta pleure, elle a peur de trouver l'homme qui l'appelle, pourtant ses pieds ne s'arrêtent pas. Son corps devient léger, elle perd le contrôle sur lui. Elle peut sentir son visage mouillé, les larmes font un parcours le long de son corps.

 

Tout à coup, un frisson l'envahit des pieds à la tête. La voix qui répète son prénom est déjà claire, mais Amaranta ne veut pas rencontrer l'homme. Elle regarde l’ombre d'une figure masculine qui  l'attend. Un cri prétend sortir de sa petite bouche, mais contrairement à ses attentes, il ne sort pas.

 

Maintenant le frisson s'introduit dans ses os. L'homme est proche d'elle, il lui effleure la joue. On n'entend aucun mot, aucun bruit, à ce moment-là, on n’entend que la forte respiration et le cœur agité de la petite fille. La vision est couverte d'une couleur grise, elle peut sentir son petit corps qui tombe au ralenti sur le quai.

 

Elle n’avait jamais ressenti cette situation particulière, c'est-à-dire, d’être proche de la mort. Amaranta réentend une voix qui l’appelle, elle essaie ouvrir les yeux. Depuis 10 ans à l’hôpital, elle trouve que les trucs ont changé, la ville, les gens, le matin, le soir, mais elle est encore la même fille de 10 ans qui marche et qui tombe sur le quai, à propos de cette figure- là.

 

 Maria Jose VILLANUEVA ORTEGA

  2801 signes.

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